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La trichomonase, une maladie contagieuse souvent asymptomatique

La trichomonase aussi connue sous le nom d'infection à Trichomonas ou vaginite à Trichomonas fait partie des infections sexuellement transmissibles non virales les plus fréquentes dans le monde . Elle est due à un protozoaire flagellé, le Trichomonas vaginalis. Ce parasite strictement humain affecte les voies génito-urinaires aussi bien chez la femme que chez l'homme.

Comment contracte-t-on la trichomonase ?

La trichomonase peut se transmettre lors des rapports sexuels non protégés mais également par les sex toys s'ils sont échangés entre partenaires sans avoir été nettoyés.

Bien qu'elle soit classée parmi les MST sa transmission peut également se faire sans contact sexuel, via une serviette humide et souillée par exemple ou par la cuvette des toilettes. Le parasite serait capable de survivre quelques heures (1 à 2 heures) en milieu humide et jusqu'à 24 heures dans les urines ou le sperme.

Une transmission de la mère au nouveau-né est également possible lors de l'accouchement.

Remarque : L'incidence de cette infection à Trichomonas est estimée selon l'Organisation Mondiale de la Santé à 170 millions de nouveaux cas chaque année.

Quels sont les symptômes ?

Les signes de la trichomonase peuvent être variés et font généralement leur apparition dans le mois qui suit l'infection lorsque celle-ci n'est pas asymptomatique. La période d'incubation se situe entre 3 et 28 jours avec une moyenne de 7 jours.

D'un point de vue général, les manifestations cliniques sont très différentes selon le sexe de l'individu puisque qu'elles ont tendance à être plus fréquemment asymptomatiques chez l'homme que chez la femme.

Chez la femme

Le Trichomonas vaginalis affecte principalement le vagin, l'urètre, le col de l'utérus. L'infection se traduit alors par une inflammation vulvaire et vaginale (vulvovaginite) voire dans certains cas par une inflammation de l'urètre. Démangeaisons, rougeurs, pertes vaginales abondantes, de couleur jaunâtre ou verdâtre et malodorantes, douleurs lors des rapports (dyspareunie) et/ou troubles urinaires sont les principaux symptômes que l'on retrouve chez la femme atteinte de trichomonase.

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Chez l'homme

L'infection à Trichomonas touche essentiellement l'urètre se traduisant pas une urétrite mais elle peut également toucher les vésicules séminales et la prostate. Les principaux signes de la maladie chez l'homme lorsqu'il n'est pas asymptomatique sont un écoulement plus ou moins purulent au niveau du pénis, des irritations et rougeurs autour du méat urinaire et des sensations de brûlures lors de la miction.

Schéma : découvrez la partie interne de l'anatomie de l'homme

Remarque : Cette IST est plus fréquemment asymptomatique chez l'homme (75% des cas) ce qui fait d'eux de parfaits vecteurs de la maladie.

Les complications possibles

Bien que rares, l'infection peut engendrer des éventuelles complications telles que stérilité masculine, prostatite, inflammation des voies génito-urinaires, balanoposthite (inflammation du gland et du prépuce), épididymite (inflammation de l'épididyme) chez l'homme. Du côté féminin, ces complications peuvent entraîner stérilité, cancer du col de l'utérus, et diverses inflammations : vaginite, endométrite, salpingite.

Chez la femme enceinte, l'infection peut conduire à des accouchements prématurés et à la naissance d'enfant de faible poids.

Diagnostiquer cette IST

Le diagnostic de cette infection n'est pas toujours évident dans la mesure où elle est très souvent asymptomatique.

L'infection serait plus souvent silencieuse chez l'homme que chez la femme avec environ 75% de cas asymptomatiques chez les hommes. Du côté féminin, selon un rapport de l'OMS environ 80% des femmes qui ont été dépistées positives à la trichomonase ne présentaient aucun symptôme de l'infection.

En cas de suspicion ou en présence de symptômes, le diagnostic repose sur la mise en évidence du parasite par l'analyse au microscope de prélèvements cervico-vaginaux chez la femme et urétraux chez l'homme.

Il est également recommandé de faire une recherche d'autres IST tel que le VIH lors d'un résultat positif dans la mesure où l'infection à Trichomonas augmente le risque d'être infecté par le virus du sida.

Le traitement de l'infection à Trichomonas

Il existe deux types de traitement : le traitement à dose unique dit traitement « minute » ou le traitement sur une plus longue période (environ 7 jours). Ils reposent tout les deux sur la prise d'antibiotiques (métronidazole ou tinidazole) appartenant à la famille des imidazolés et sont tout aussi efficaces s'ils sont respectés.

Remarque : La trichomonase se soigne très bien et présente un taux de guérison de l'ordre de 90 à 95%. Une absence de guérison peut être due à un partenaire non traité ou à une reprise trop rapide des rapports sexuels.

Le/ la ou les partenaires de la personne infectée doivent impérativement suivre également un traitement qu'il y ait des symptômes ou non.

Ce traitement imidazolé n'est pas recommandé durant les 3 premiers mois de grossesse et en particulier si la femme ne présente pas de symptôme car il serait lié à une augmentation des naissances prématurés.

« Dans le cas de femmes enceintes, les professionnels de santé devraient être formés à traiter les femmes présentant des symptômes d’infection par trichomonase à la fin de la grossesse (à savoir après 30 semaines d’âge gestationnel) une fois le diagnostic confirmé au microscope, lorsque c'est possible. »
Walker G., Interventions for trichomoniasis in pregnancy : Commentaire de la BSG (dernière révision : 27 août 2004). Bibliothèque de Santé Génésique de l'OMS ; Genève.

Il est indispensable de bien suivre le traitement prescrit et d'éviter toute relation sexuelle durant la période de traitement afin d'éviter une re-contamination ou de transmettre l'infection à une autre personne. La reprise d'une activité sexuelle pourra se faire une fois le traitement terminé.

Un prélèvement de contrôle n'est pas systématique mais pourra éventuellement être effectué quelques semaines après l'arrêt du traitement pour confirmer la guérison complète.

La trichomonase n'est pas une infection grave mais il est important qu'elle soit bien traitée afin d'éviter toutes complications.

La prévention

La prévention de la trichomonase repose principalement sur la pratique de rapports sexuels protégés et sur le traitement simultané du ou des partenaires lorsque l'infection est avérée et ce, même s'il n'y a pas de symptôme.

L'astuce Il est possible de réduire les risques de contamination en utilisant systématiquement un préservatif lors de tout rapport sexuel et en évitant de multiplier les partenaires sexuels.

En résumé :

A propos de cette MST, on peut retenir que :

  • La trichomonase est une MST due au Trichomonas vaginalis qui touche les deux sexes.
  • Son mode de transmission se fait lors des relations sexuelles mais une contamination autre que par contact sexuel est également possible même si c'est assez rare.
  • Elle est très fréquente et souvent asymptomatique ce qui rend son diagnostic pas toujours évident.
  • Les principales manifestations cliniques sont une inflammation vulvaire et vaginale chez la femme et une inflammation de l'urètre chez l'homme.
  • Elle se diagnostique grâce à un frottis cervico-vaginal chez la femme et un prélèvement urétral chez l'homme.
  • Elle se soigne très bien et son traitement repose sur la prise d'antibiotiques. Le taux de guérison est de 90-95%.
  • Il est impératif que la personne infectée avertisse les personnes avec lesquelles elle a/a eu des rapports sexuels afin qu'elles soient traitées en même temps même si elles ne présentent aucun symptôme de la maladie.
  • La reprise des rapports ne pourra se faire que lorsque la prise du traitement sera terminée.
  • L'utilisation du préservatif lors des rapports sexuels est le meilleur moyen de prévenir toute infection par le Trichomonas vaginalis.

Sources

  • Schmid G. Trichomoniasis treatment in women: Commentaire de la BSG (dernière révision : 28 juillet 2003). Bibliothèque de Santé Génésique de l'OMS; Genève : Organisation mondiale de la Santé.
  • Sutton, M., Sternberg, M., Koumans, E. H., McQuillan, G., Berman, S., & Markowitz, L. (2007). The prevalence of Trichomonas vaginalis infection among reproductive-age women in the United States, 2001-2004. Clinical Infectious Diseases : An Official Publication of the Infectious Diseases Society of America, 45 (10), 1319-1326. doi:10.1086/522532
  • Trichomonas vaginalis, fiche technique santé sécurité : agents pathogènes , Agence de la santé publique du Canada, dernière modification 2011-04-19

avatar de l'auteur de l'articleCet article a été rédigé par Véronique Serre.
Il a été créé le 03 février 2015.

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