Zones érogènes : quand leur stimulation entraîne une excitation sexuelle

Les zones érogènes, appelées également régions érotogènes (mot formé à partir de la racine grecque érôs, amour, désir et -gène, qui produit), sont les zones du corps de l'homme ou de la femme riches en terminaisons nerveuses, dont la stimulation par différents types d'attouchements (caresses, mordillements, baisers, succions, etc.) crée un plaisir physique d'une intensité variable ainsi qu'une augmentation de l'excitation sexuelle.

Tout contact physique avec l'une d'entre elles envoie en effet au cerveau une information que celui-ci, en fonction du contexte, peut interpréter comme sexuellement stimulante ou non. Cet article, qui fait partie d'un dossier complet sur les zones érogènes, propose une cartographie des régions sensibles du corps de l'homme et de la femme, ainsi qu'un questionnement autour du désir et du plaisir.

Première distinction : les zones et les facteurs érogènes.

Le contact physique n'est pas le seul stimulant ni la seule source de plaisir au moment d'une relation sexuelle. On connaît par exemple l'impact de l'aspect psychologique, ou l'action des hormones sur la libido, et bien sûr celle de l'imaginaire - notamment par le biais des fantasmes - sur l'excitation sexuelle : il n’y a pas de contact physique direct avec l’objet du désir et pourtant celle-ci peut être décuplée. Ce sont les facteurs érogènes, qui comptent parmi les plus puissants déclencheurs de l'excitation.

Distinguons donc immédiatement les deux concepts : tandis qu'une zone érogène est un endroit du corps particulièrement réceptive à la stimulation, on appellera facteur érogène tout type de stimulant qui ne met pas en jeu le toucher.

A force de se concentrer sur la stimulation du corps, on finit par oublier que c’est le cerveau qui est le siège de l’excitation, et qu’il enregistre une foule d’informations sans lesquelles il ne peut y avoir de plaisir, voire même d’orgasme.

Le toucher n'est pas la seule perception sensorielle active dans le plaisir et l'excitation. Les autres sens peuvent également amplifier le désir le plaisir : ainsi la vue, l'odorat, le goût et même l'ouïe contribuent à décupler le plaisir et conduisent à la jouissance.

L'odeur et le goût de l'autre

Si une odeur corporelle nauséabonde peut immédiatement stopper tout désir, a contrario une odeur agréable, comme un parfum subtilement choisi, a un pouvoir érotisant non négligeable. Mais, même sans avoir recours aux fragrances artificielles, hommes et femmes, qui évoquent spontanément l'odeur de la peau de leur partenaire, savent bien que cette odeur, unique entre toute, est à elle seule un signal qui peut déclencher une excitation sexuelle. L'odeur laissée par votre amant/maîtresse dans les draps n'a-t-elle jamais suffit à rallumer le désir en son absence ?

Au même titre que l'odorat, le goût est également particulièrement actif dans le processus renforçant l'excitation. Le goût devient un facteur érogène particulièrement puissant dès le premier baiser, mais aussi et surtout quand la sexualité orale est mise en jeu.

Par l’intermédiaire des papilles gustatives, le goût de l’autre va être perçu comme une information sexuellement significative : l’odeur de votre peau, de votre haleine, la saveur qu'a votre sexe doivent ainsi être particulièrement soignés. On peut agir dessus avec une hygiène irréprochable, et une alimentation choisie avec soin.

Évitez au contraire les odeurs et goûts chimiques, notamment via les bougies, les huiles pour le corps ou les préservatifs bon marché, qui ruinent votre propre chimie intime.

La vue

La vue d'un corps dénudé, ou, bien plus subtil, la vue d'un corps jouant sur les effets de suggestion, est quant à elle le facteur dont l'érogénéité est peut-être la plus intense. On connaît son action sur la population masculine, particulièrement réceptive à la vue du corps de l’autre.

Remarque : La nudité n’est pas à elle seule un facteur érogène, c’est plutôt la mise en scène de cette nudité qui est excitante. Si faire l'amour dans le noir est l'un des griefs masculins les plus répandus, un éclairage trop vif, qui fera ressortir la moindre imperfection ou rendra votre teint blafard, n'est pas non plus souhaitable. Une lumière tamisée, un corps partiellement dévoilé agissent au contraire favorablement sur l'excitation. Souvenez-vous que vous devez faire montez le désir avant de donner du plaisir.

Pendant l'acte lui-même, on peut jouer sur la perception visuelle de son partenaire en choisissant ce que l'on expose à sa vue : ce sera alors une question d'angle de vue, de position pendant l'acte. Cela pourra être également un jeu de regard.

L’ouïe : les sons qui excitent

L'ouïe, qu'a priori l'on pourrait considérer comme secondaire, n'est pas à négliger : nombreux sont ceux qui réagissent au bruit que fait une jupe en se froissant, au son de la voix de leur partenaire. Combien parmi vous ont immédiatement trouvé une voix attirante, ou ont succombé à son pouvoir érotique ?

Le timbre de la voix, sa texture sonore, ou encore le débit sont des données qui participent à la séduction, et permettent de créer une ambiance propice à l'érotisme et augmentent le désir de l'autre. Ces critères font partie intégrante du processus de séduction et sont pris en compte bien avant l'acte sexuel.

Au moment de l'amour, l’ouïe est notamment stimulée par les différents sons appartenant au répertoire du plaisir : gémissements, respirations haletantes, mots susurés à l’oreille pendant ou avant l’acte…

Le toucher

Le toucher est bien évidemment le mode de stimulation le plus actif dans un rapport sexuel. Le plus souvent on pense au plaisir ressenti par celui ou celle qui est l'objet des caresses (quel que soit leur type), et non à la sensation ressentie par celui qui les prodigue.

Et pourtant, bien que l'on se figure (à tort) le plaisir sexuel procuré par une caresse comme quelque chose d'unilatéral, le toucher est au contraire un organe qui procure un accroissement du désir et un embrasement sensuel partagé.

Qu'en est-il donc en effet de celui qui caresse ? Ne peut-on pas lui rendre le plaisir qu'il nous procure en jouant sur ses propres perceptions sensorielles ?

C'est pourtant bien ce qui se passe quand, par exemple, on choisit ses vêtements en fonction des goûts de l'autre ; il n'y a pas seulement l'aspect visuel (bien que prépondérant), mais aussi la texture, qui change d'un habit à l'autre.

Lorsqu'une femme s'apprête et tente d'adoucir sa peau, ses cheveux, c'est avant tout pour modifier favorablement l'information recueillie par les petits capteurs situés au bout des doigts, et donner en récompense d'une caresse une sensation agréable.

La même démarche anime une femme qui va épiler ses jambes, avec l'intention de rendre le moindre effleurement délicieux ; un homme se rase pour que l'embrasser ne soit pas désagréable.

Seconde distinction : les zones primaires et les zones secondaires.

Tout le corps est potentiellement une zone érogène, puisque la peau qui le recouvre est subtilement innervée et peut provoquer une forme de plaisir quand elle est habilement titillée.

On distingue cependant les zones primaires, que l'on retrouve d'un individu à l'autre et qui sont supposées pouvoir conduire directement à l'orgasme, et les zones érogènes secondaires, qui dépendent des individus et n'ont qu'un rôle de second plan, bien qu'elles doivent être elles aussi absolument activées pour participer à la création d'une excitation globale.

Les zones érogènes primaires

Les zones primaires sont les régions du corps qui, lorsqu'elles sont stimulées, peuvent entraîner une excitation sexuelle susceptible de conduire à l'orgasme. Que cela soit chez l'homme ou chez la femme, elles correspondent principalement aux organes génitaux et sont communes à la plupart des individus.

Les régions du corps de l'homme susceptibles de susciter un plaisir sexuel intense

Chez l'homme, on inclura bien évidemment dans ces zones le pénis, et plus particulièrement le gland et le prépuce, ainsi que les testicules et le scrotum. Ce sont en effet les parties de son anatomie qui ont le plus de terminaisons nerveuses, et à ce titre sont les plus réceptives à toutes les formes de sollicitations érotiques.

Voici une vue du corps de l'homme avec une évaluation chiffrée (sur une échelle de 1 à 10) de l'érogénéité de ces régions.

emplacement des zones érogènes sur le corps de l'homme
Cartographie des zones érogènes masculines : un indice permet d'évaluer l'intensité moyenne perçue quand elles sont stimulées.

Les zones sensibles du corps de la femme

L'anatomie féminine compte certainement autant de régions sensibles et réceptives que n'en compte le corps de l'homme, mais l'intensité ressentie est tout aussi sûrement bien plus importante, compte tenu du fait de la richesse en terminaisons nerveuses de certains des organes, comme le clitoris.

Chez la femme, les régions du corps considérées comme particulièrement érogènes sont le clitoris, les lèvres, le vagin (l'ensemble de la vulve), le point G, le périnée ainsi que les mamelons.

localisation des zones érogènes sur le corps de la femme
Cette photographie qui représentant une femme nue, dans une position lascive, est supposée constituer un facteur érogène puissant.

La complexité des organes féminins réceptifs à l'excitation sexuelle est telle que vouloir améliorer vos capacités à les conduire à la jouissance nécessite un réel apprentissage, fondé sur des connaissances anatomiques (chaque organe est conformé différemment, et répond à des stimulis différents), une pratique régulière et une écoute attentive des remarques formulées par la principale intéressée, votre partenaire.

Attention La frontière entre plaisir et douleur est plus mince qu'il n'y paraît. Et ceci est particulièrement vrai en ce qui concerne les organes féminins, dont la sensibilité est telle que le contact peut s'avérer douloureux si le corps n'a pas été suffisamment préparé. De même, juste après l'orgasme, il arrive chez certains individus que certaines parties des organes génitaux deviennent douloureuses (le clitoris chez la femme, le gland chez l'homme), et donc à éviter temporairement, sans qu'il n'y ait de cause particulière à ce brusque changement. A moins de connaître son partenaire parfaitement, il faudrait donc théoriquement veiller à respecter un temps de chauffe avant de s'attaquer aux régions sensibles primaires, puis un temps de repos après un rapport sexuel. Et c'est précisément le rôle des zones qualifiées de secondaires, lesquelles sont tout particulièrement dévolues aux préliminaires, mais pas que…

On lit partout qu'il faut être à l'écoute des réactions de l'autre. Mais cela n'est pas suffisant : encore faut-il savoir comprendre les signaux qu'il nous envoie pour les transformer en actes physiques concrets (un type de caresses particulier, par exemple). Quand on pense que la timidité, la maladresse et l'ignorance viennent perturber le message, on comprendra facilement qu'écouter n'est pas suffisant. Il faut aussi savoir interpréter.

L'astuce La sensibilité des zones érogènes varie au cours d'un rapport sexuel. En effet, la sensibilité du clitoris chez la femme ou du gland chez l'homme ne sera pas la même au cours des préliminaires et après l'orgasme. Là encore c'est en explorant le corps de votre partenaire et en étant attentif à ses réactions qu'il sera possible de découvrir le type, l'intensité et la localisation des caresses qu'il (ou elle) aime et qu'il (ou elle) n'aime pas.

Les zones secondaires

Les zones érogènes secondaires, bien que largement impliquées dans la sexualité, ne s'y limitent pas. En d'autres termes, ce sont des régions du corps qui, lorsqu'elles sont sollicitées, réagissent différemment en fonction du contexte qui entoure cette sollicitation, et du type de contact physique.

Lorsque deux personnes, de sexe opposé ou non, se serrent la main, l'information est simplement interprétée comme un acte social, une salutation plus ou moins chaleureuse. Dans un autre contexte, lorsque la paume de la main est subtilement titillée, ce contact physique est interprété comme un signal sexuellement connoté. De même, lorsqu'un kinésithérapeute, ou un docteur, vous ausculte, la palpation, qui a lieu dans un cadre formel et médical, n'est pas supposée déclenchée d'excitation particulière, en dépit de tous les fantasmes qui entourent le monde médical.

A ce titre donc, tout le corps est potentiellement érogène. C'est une réalité. On peut stimuler à peu près toute la surface de notre peau, de la plante des pieds, au cuir chevelu. Chaque fois, c'est la rencontre entre un contexte particulier et la nature du contact, de la palpation, du massage, qui va décider de l'érogénéité de la situation.

A quoi ces régions secondaires servent-elles ?

Contrairement aux zones primaires, la seule stimulation des régions secondaires ne peut pas conduire à l'orgasme. Cependant, si elles ne constituent pas un facteur déclenchant la jouissance, ce sont aussi des leviers indispensables, qu'il faut savoir actionner durant la phase des préliminaires, mais aussi au cours du rapport lui-même.

En somme, leur stimulation est nécessaire car elle entraîne celle des zones primaires. Elles contribuent à l'augmentation du plaisir sexuel ressenti lorsqu'elles sont sollicitées et améliorent (surtout chez la femme) la possibilité d'atteindre le point culminant du plaisir.

Où sont-elles situées ?

Il est important d'avoir à l'esprit que la localisation des zones secondaires peut varier d'une personne à l'autre. Comme dit précédemment, tout le corps est potentiellement une source de plaisir. Bien que certaines parties du corps sont presque universellement reconnues comme étant des sources de plaisir, il va falloir s'adapter (la règle d'or) au corps de l'autre. Être attentif à ses réactions positives ou négatives va permettre d'apprendre à découvrir sa sensibilité et la façon dont il aime être caressé.

Car tout l'art n'est pas de savoir cartographier avec précision l'emplacement de toutes ces zones (quoique les témoignages démontrent qu'il y a des oublis fréquents), encore va-t-il falloir être capable de s'adapter à leurs particularités respectives pour les exciter correctement, ce qui implique de posséder un répertoire de caresses qui soit diversifié et riche : n'oubliez pas qu'il y a toute une gamme d'attouchements à maîtriser et à employer de façon appropriée, notamment : le massage, le frottement, la succion, le léchage, les mordillements, la griffure, les frottements…

On compte donc parmi ces régions sensibles de second plan (de haut en bas) : le cuir chevelu, le lobe de l'oreille, les lèvres, la langue, la nuque, les seins, l'intérieur des bras, la chute des reins et les hanches (chez les femmes surtout), les fesses, l'intérieur des cuisses, et même les mains !

En résumé :

A propos des zones érogènes, on peut dire que :

  • Elles sont à distinguer des facteurs érogènes, qui ne sont pas liés au contact physique, mais davantage au contexte, à l'environnement olfactif, et agissent psychiquement sur le désir et l'excitation.
  • Tout le corps est une région potentiellement excitable.
  • Seules les zones primaires conduisent à l'orgasme.
  • Cependant, la sollicitation des zones secondaires augmente les chances d'obtenir un orgasme.
  • Leur identification et leur localisation ne suffit pas à la satisfaction de son partenaire.
  • Chaque zone appelle en effet une stimulation spécifique, et donc un type de contact physique différent qu'il faut maîtriser.
  • Enregistrer les réactions de celui-ci n'est pas suffisant, si on est incapable de les interpréter.
  • La sensibilité des organes évolue au cours d'un rapport, ce dont il faut tenir compte car le plaisir peut parfois se changer en sensation douloureuse, surtout après un orgasme.

avatar de l'auteur de l'articleCet article a été rédigé par Véronique Serre.
Il a été créé le 14 janvier 2010, et a été mis à jour pour la dernière fois le 12 juillet 2014.

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