L'asexualité, une non-attirance physique envers les autres

L'asexualité gagne du terrain dans notre société. Les sites Internet d'asexuels se développent ainsi que les écrits d'écrivain connus. Des hommes et des femmes n'ont plus peur de s'afficher comme asexuel dans une société où la sexualité est considérée comme source d'épanouissement personnel.

Définition et pratique de l'asexualité

Elle se définit par une indifférence à la sexualité à deux, c'est-à-dire une non-attraction sexuelle totale que ce soit envers les hommes ou les femmes. On les appelle également les « A ».

Une personne asexuelle pourra donc passer sa vie entière, ou une partie de sa vie, sans avoir de rapport sexuel avec une autre personne et sans en éprouver le besoin. Cet absence de rapport sexuel à deux n'empêche en rien d'avoir des sentiments amoureux, ni d'avoir sa propre sexualité (masturbation, fantasmes etc), ni d'être en couple, bien que les asexuels ont tendance à se mettre ensemble entre eux pour éviter les problèmes inhérents à cette non-pratique de la sexualité de couple.

Cette orientation sexuelle peut aussi être temporaire durant une période plus ou moins longue, ce qui permet à l'asexuel temporaire de se recentrer sur lui même et aussi de se reconstruire suite à une sexualité plus ou moins satisfaisante.

Comme notre société est faite de classes (étiquettes diront certains), la question se pose : où classer les asexuels ? À côté des hétérosexuels ? Des homosexuels ? Des bisexuels ?

Asexualité, choix ou incapacité sexuelle ?

Il ne s'agit ni d'un choix comme l'abstinence peut l'être, ni d'une incapacité biologique telle que l'impuissance ou la frigidité mais bien d'un état de fait et cette identité sexuelle n'engendre aucune souffrance chez la personne qui se définit comme telle, si ce n'est la souffrance de se sentir bien souvent juger comme « anormal » par l'environnement.

Les asexuels ne sont ni des marginaux sexuels ni des personnes dont la sexualité a été refoulée, mais des hommes et des femmes qui n'éprouvent, depuis toujours ou temporairement, pas d'attirance sexuel pour une autre personne.

Statistiquement, il est difficile dévaluer le nombre de personnes asexuels. Une étude britannique (1) réalisé en 2004 révèle un pourcentage de l'ordre de 1% de la population.

Un réseau d'entraide pour les asexués.

Les asexuels d'abord en minorité commencent à sortir du placard tout doucement et revendiquent ce droit à ne pas avoir de vie sexuelle. A une époque où l'on prône, à l'inverse, la libération sexuelle (que ce soit en terme de pratiques sexuelles telles que le BDSM, le bondage ou encore l'utilisation de sextoys de plus en plus répandue), les asexuels se démarquent grandement et veulent accéder à une reconnaissance qu'ils n'ont pas encore.

En 2001 est fondé AVEN : réseau d'entraide et d'information sur la visibilité asexuelle (en anglais, Asexual Visibility and Education Network) qui regroupe plus de 30.000 membres dans le monde entier. Sa version francophone verra le jour en mai 2005

Asexualité et DSM

Pour l'heure, les « A » militent pour la suppression de l'asexualité au DSM (Manuel diagnostique et statistique des troubles mentaux) sur lequel figurait également il n'y a pas si longtemps l'homosexualité... et on commence à les voir défiler lors des Lesbian & Gay Pride.

(1) "Asexuality : Prevalence and associated factors in a national probability sample", Anthony F. Bogaert, Journal of Sex Reserch, 2004, 41, 279.

 


Vos questions, nos réponses :

L'asexualité et l'absence d'attirance sexuelle

Notre boutique

Rejoignez-nous !

Inscription à la newsletter