Diagnostiquer le vaginisme : manifestations physiques d'un trouble psychologique

Le vaginisme est un trouble sexuel qui affecte un grand nombre de femmes dans le monde. Ce trouble de la sexualité s'accompagne très souvent d'un sentiment de honte qui fait que bien souvent les couples rencontrant cette difficulté ne consultent pas immédiatement afin d'établir un diagnostic.

La femme vaginique aime généralement les relations sexuelles avec son partenaire et y prend également du plaisir mais à condition que celles-ci excluent toute pénétration. Le plus souvent ces couples ont une sexualité épanouie sans pénétration et s'en accommodent très bien. C'est en général le désir d'enfant qui leur fera franchir le pas de la consultation.

Manifestations physiques et physiologiques concrètes

Pour rappel, le vaginisme se définit comme une difficulté récurrente et persistante pour la femme d'être pénétrée par son partenaire due à une contraction réflexe et donc involontaire des muscles du plancher pelvien entourant le vagin. En d'autres termes, lors de toutes tentatives d'insertion du pénis ou d'un doigt à l'intérieur du vagin, les muscles périnéaux qui entourent le vagin se contractent resserrant ainsi les parois du vagin entre elles. La pénétration est donc très souvent impossible et dans les cas où elle peut malgré tout avoir lieu elle est très douloureuse, on parlera alors de dyspareunie.

Schéma illustrant la contracture spasmodique ©Sexoconseil

Le vaginisme est généralement mentionné lorsqu'il y a eu une ou plusieurs tentatives de pénétration qui se sont toutes soldées par des échecs que ce soit avec un ou plusieurs partenaires différents.

Le diagnostic de ce trouble passe obligatoirement par une consultation gynécologique et un examen approprié, nécessaire afin de déterminer si la femme ne souffre pas d'une pathologie qui serait responsable de ce vaginisme.

Cependant, il est important de souligner que même si un examen gynécologique doit être réalisé en cas de suspicion de vaginisme, il ne peut pas se suffire à lui même pour affirmer ou infirmer que la patiente souffre bel et bien de ce trouble sexuel.

En effet, chez certaines femmes souffrant de vaginisme partiel, l'auscultation gynéco pourra être effectuée sans trop de difficulté alors que la pénétration vaginale de son partenaire est quant à elle impossible.

C'est pourquoi il est important lors de l'établissement du diagnostic de prendre en compte l'histoire sexuelle de la patiente ainsi que ses antécédents médicaux mais également d'être attentif à la manière dont cette dernière décrit sa difficulté.

L'examen, une épreuve pour la femme vaginique

Durant l'examination, le gynécologue vérifiera qu'il n'y a pas de malformations physiques au niveau vulvo vaginale, d'infections, de sécheresse vaginale ou autres pathologies qui pourraient être responsables de cette impossibilité de pénétration. Lorsque la difficulté est due à un vaginisme, les organes génitaux de la femme sont normaux et aucune malformation ou anomalie n'est observable.

La présence de contractions involontaires des muscles situés autour du vagin pourront en revanche être observées à l'approche d'un doigt ou du spéculum à l'entrée du vagin.

On parle souvent de spasmes involontaires du faisceau interne du muscle releveur de l'anus (faisceau pubo-coccygien). Les muscles impliqués dans cette contraction sont les muscles du plancher pelvien c'est à dire les muscles entourant le vagin. Il sera alors impossible pour le médecin d'insérer à l'intérieur du vagin le spéculum ou de réaliser un toucher vaginal.

Bien souvent cette auscultation est un véritable calvaire pour la femme vaginique dont le comportement reflète bien la peur panique liée à la pénétration :

  • Mouvement de recul
  • Utilisation de la main en protection au niveau de la vulve
  • Fermeture des cuisses
  • Tremblements
  • Respiration saccadée
  • Pleurs, etc.

Pour certaines femmes, l'ouverture des cuisses afin que le médecin puisse avoir accès à sa vulve est insupportable. Pour d'autres la peur fait son apparition dès la toute première approche du médecin au niveau des organes génitaux externes rendant l’effleurement de la vulve insupportable.

Lorsque l'examen tactile est clairement impossible à réaliser, le gynéco peut rassurer la patiente en lui promettant de ne pas la toucher et ne fait que regarder ce qui peut parfois permettre de diagnostiquer des anomalies physiques et ainsi exclure le vaginisme. Si celui-ci doit être approfondi il pourra être effectué sous anesthésie.

Classification du vaginisme

En 1978, John A.Lamont a établi une classification du vaginisme en se basant sur l'histoire sexuelle de la patiente ainsi que sur son comportement lors de l'examen gynécologique.

Il a ainsi établi un classement à 5 niveaux.

  • Le niveau 1 représente la forme la plus légère de ce trouble : les muscles vaginaux sont tendus mais la femme est capable de se détendre suffisamment pour qu'une examination gynécologique puisse avoir lieu.
  • Le niveau 2 : les muscles sont visiblement tendus et la patiente est incapable de se relaxer cependant l'auscultation peut tout de même avoir lieu.
  • Le niveau 3 : comportement d’évitement de la femme qui relève ses fesses (postérieurs) pour éviter l'examination de sa vulve Le niveau 4 : la patiente soulève son bassin et se recule sur la table d'examen et referme les cuisses afin d'éviter d'être examinée.
  • Enfin le niveau 5 : ce dernier niveau est la forme la plus sévère de vaginisme dans laquelle la patiente manifeste des réponses viscérales à l’auscultation tel que pleurs, tremblements, transpiration, hyperventilation, palpitation, vomissement, évanouissement, désir de fuir du cabinet, etc.

Implications psychologiques

Bien que les organes génitaux de la femme vaginique soient parfaitement normaux, la pénétration pose problème et dès qu'un essai a lieu, un réflexe musculaire involontaire et incontrôlable par la femme se produit et le vagin se resserre refermant l'orifice vaginal.

Parfois la simple anticipation d'une éventuelle pénétration vaginale peut suffire à provoquer ce spasme musculaire.

Généralement, la contraction du muscle en elle-même n'engendre pas de douleur. C'est la tentative d'intromission qui est douloureuse lorsque l'entrée du vagin est fermée. Le vaginisme n'est donc pas en lui-même douloureux, la pénétration en outre l'est.

Remarque : Dans les cas les plus sévères de vaginisme, le rapport sexuel avec pénétration est totalement impossible et toutes tentatives engendreront des douleurs intenses qui pourront durer parfois pendant plusieurs jours.

Un cercle vicieux finit par se mettre en place chez la femme vaginique. Elle sait que le rapport sexuel peut être douloureux et donc elle l’appréhende. La peur d'avoir mal provoque la contraction des muscles qui engendre la douleur ou l'amplifie lorsque le partenaire tente de s'introduire en elle augmentant ainsi l'appréhension de la pénétration.

Un réflexe de protection apparait chez la femme du fait d'une peur de la pénétration et dès qu'un effleurement ou qu'une légère pression a lieu au niveau du vagin, les muscles perivaginaux se contractent automatiquement.

Le vaginisme est donc une réponse physiologique à une cause psychologique.

Si ces symptômes semblent correspondre il faut impérativement que vous consultiez votre médecin spécialiste pour en avoir la confirmation et permettre une évaluation de la gravité du problème.

Auteur de l'article


Cet article a été écrit par Véronique Serre auteur de livrets d'éducation sexuelle et rédactrice d'articles sur le théme de la sexualité pour le site sexoconseil depuis 2006.


Dernière mise à jour le 17 octobre 2017.