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Des fantasmes sexuels pas si atypiques finalement !

Publié le 04 novembre 2014

La nature des fantasmes des hommes et des femmes seraient, au final, beaucoup plus « communs » qu' « atypiques », c'est en tout cas ce que révèle une étude canadienne qui vient d'être publiée dans la revue The Journal of Sexual Médecine.

jeune couple heureux allongé dans un lit
© Igor Mojzes - Fotolia.com

Homme ou femme, tout le monde a des fantasmes. Ce phénomène est en fait tout à fait normal. En revanche ce qui peut l'être un peu moins, c'est la nature du fantasme en lui même. Une étude menée par Christian Joyal, professeur titulaire au Département de psychologie de l'Université du Québec à Trois-Rivières, s'est donc intéressée à la question.

« Cliniquement, on sait bien ce qu'est un fantasme sexuel pathologique : il implique des partenaires non consentants, il induit une souffrance ou encore il est absolument nécessaire pour obtenir satisfaction. Mais à part cela, qu'est-ce qu'un fantasme anormal ou atypique au juste ? Pour le savoir, nous avons demandé à des gens de la population générale, aussi simple que ça! », explique l'auteur principal de l'étude.

1517 adultes québécois âgés d'environ 30 ans ont donc été interrogés via internet sur leurs fantasmes sexuels. Les participants à l'étude (799 hommes et 718 femmes) ont ainsi précisé la nature et l'intensité de leur fantasmes en évaluant 55 affirmations telles que « je fantasme d'avoir une relation sexuelle avec une personne inconnue » ou « je fantasme d'avoir un rapport anal » à l'aide de notes allant de 1 à 7. Plus la note se rapproche de 7 plus la personne interrogée a d’intérêt pour le fantasme décrit par l'affirmation. Les personnes interrogées ont également dû décrire en détails leur fantasme favori si celui-ci n'était pas inclus parmi les 55 présents.

Une large variété de fantasmes

Les résultats ont montré que les hommes ont plus de fantasmes que les femmes et qu'ils les décrivent avec bien plus d'intensité. De plus, leur désir de leur donner vie serait bien plus important que celui des femmes dont la majorité ne souhaiterait absolument pas voir leur fantasme devenir réalité.

Globalement, le fantasme le plus répandu chez les québécois aussi bien hommes que femmes semble être celui de ressentir des émotions amoureuses durant la relation sexuelle (respectivement 88% et 92%). Puis du côté masculin vient le fantasme de sexe oral à 87%, du rapport avec deux femmes à 84% et d'avoir une relation extraconjugale pour 83% d'entre eux.

Concernant les fantasmes féminins, pour 86% des femmes interrogées l'atmosphère et le lieu ont une place importante dans leurs fantasmes et nombre d'entre elles (84%) fantasment d'avoir un rapport sexuel dans un endroit romantique comme sur une plage déserte par exemple.

Cette étude révèle également que contrairement à ce que l'on pourrait penser, le fantasme de soumission est loin d'être uniquement partagé par les femmes mais que les hommes aussi rêvent d'être dominés. En effet, si 64% des femmes fantasment d'être dominées sexuellement, il semblerait que cela soit également le cas d'un homme sur deux (53% exactement).

Peu de fantasmes statistiquement rares

L’équipe a ensuite procédé à une analyse de l'ensemble des réponses obtenues afin de regrouper les fantasmes par catégorie et ainsi déterminer quels étaient les fantasmes les plus « rares » et ceux véritablement « communs » chez les hommes et les femmes.

Les catégories ont été établies de la manière suivante : les fantasmes partagés par moins de 2,3% des personnes interrogées ont été classés comme « rares », ceux partagés à moins de 15,9% comme « inhabituels » , ceux partagés entre 50 et 84,1 % comme « communs » et enfin ceux partagés à plus de 84,1% comme « typiques ».

Au final, les fantasmes de pédophilie et de zoophilie sont statistiquement « rares ». Des fantasmes comme « uriner sur son partenaire », « abuser d'une personne en état d'ébriété » ou encore « avoir un rapport sexuel avec une prostituée » sont classés parmi les fantasmes « inhabituels ».

« Notre principal objectif était de spécifier la norme en matière de fantasmes sexuels, étape essentielle aux définitions de pathologie ». « Et comme on le soupçonnait, il y a beaucoup plus de fantasmes communs que de fantasmes atypiques. » conclut l'auteur de l'étude.

Source :

Cet article a été rédigé par Véronique Serre.